.Bla Bla Bla..




Si vous passez par là c'est que vous avez reçu mon message.
Je crains sérieusement d'avoir perdue mes lectrices en totalité -ou presque.
Vous pouvez dès à présent me donner vote avis sur le problème que je vous ai soumis.
Et je prendrai ma décision (en fonction de vos choix) dans le courant de la semaine.
Je peux également vous assurer (Edit: tout dépend le temps qu'il faudra pour recueillir vos avis)que dimanche prochain, la suite sera publiée.

Merci






# Postato venerdì 02 gennaio 2009 08:04

Modificato domenica 19 luglio 2009 09:18

*__ Introduction __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*

*__   Introduction   __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*



_____Ce soir là, il était rentré du lycée plus tôt qu'à son habitude. Ce soir là, il n'avait pas ouvert son sac, ni même fait ses devoirs. Ce soir là, il était mal. Très mal. Il savait que la nuit serait agitée, c'est pourquoi il s'était couché de bonne heure, avait soigneusement glissé son mp3 sous l'oreiller et avait essayé de dormir.
Il se réveilla en sursaut, transpirant. Il ne mit pas longtemps avant de comprendre ce qui venait de lui arriver. Non. Il avait l'habitude maintenant. Il enfouit sa tête dans l'oreiller humide, imprégné de sa sueur, en soupirant. Chacune de ces nuits devenaient pour lui un véritable supplice. Il restait des heures, allongé, se posant mille et une questions, sans jamais parvenir à trouver de réponses.
Alors qu'il regardait les ombres des branches du grand chêne, danser sur les mûrs de sa chambre, au rythme des rafales de vent, il sentit ses paupières se fermer lentement. Il ne voulait pas s'endormir. Il devait lutter. Encore. C'est alors qu'il détourna la tête pour fixer son réveil. Ce dernier affichait 2h05. Dans un peu moins de cinq heures, le jour se lèverait. Il pourrait enfin souffler, et faire comme si rien ne s'était produit. Il s'efforcerait de vivre pleinement sa vie d'adolescent et suivre les inlassables conseils de sa mère.


_____« Nous faisons partis de ceux qui ne peuvent contrôler leur vie. La vie est un jeu dont les autres imposent les règles. Nous ne sommes que des pions. A toi de trouver ta place et faire en sorte de prendre l'avantage. Impose toi. Ne refait pas les erreurs que j'ai pu commettre. »


_____Il ne voulait pas subir, mais bien faire subir. Un jour, il comprendrait. Un jour, il mettrait un nom sur ce visage enfantin. Un jour, tout ça s'arrêterait. Mais en attendant, il devait combattre ses envies de somnolence. Dans cinq heures ce démon intérieur s'envolerait et la vie pourrait reprendre son cours habituel...


Wenn ihr den Scheisse hier fühlt, schreit "BO"

Wenn ihr den Scheisse hier fühlt, schreit "BO"

Wenn ihr den Scheisse hier fühlt, schreit "DELUXE RECORDS LET'S GO"


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# Postato giovedì 21 agosto 2008 16:32

Modificato giovedì 23 luglio 2009 08:29

*__ Chapitre I __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*

*__   Chapitre I   __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*
« Driiiiing »

_____Je me retourne brutalement et d'un geste maladroit appuie sur le réveil. Celui ci stoppe immédiatement le son strident qui annonce un nouveau jour. Je traîne un peu au lit, pensant à la longue journée qui se prépare et finis par repousser les draps pour me lever. Au contact de mes pieds sur le parquet, un petit frisson me parcourt l'échine.
_____Si seulement je pouvais passer mon temps niché sous ma couette, à rêver d'un monde meilleur, où tout jouerait en ma faveur... Oui, bien sûr ce ne serait qu'un rêve.
Je me dirige lentement vers la fenêtre et l'ouvre. Hier soir, pour la énième fois, j'ai oublié de fermer les volets. Une petite brise vient caresser mes joues, rosies par la fraicheur matinale, me faisant ainsi frissonner. Le jour ne s'est pas encore levé, les quelques lampadaires illuminent la rue, dessinant de grandes ombres sur les trottoirs déserts.
_____Je referme la fenêtre en baillant. J'en ai marre. De quoi exactement, je ne sais pas. Je ressens juste ce sentiment de lassitude qui ronge les gens normaux et les conduit tout droit à leur perte. J'aurais aimé ne pas être « normal »: vivre des choses exceptionnelles, hors du commun, me lever le matin en me disant qu'aujourd'hui est meilleur qu'hier, mais certainement pas autant que demain.
Alors que je suis en pleine réflexion, un léger craquement me fait sursauter. Maman a ouvert la porte de ma chambre.

- Dépêche toi mon chéri, tu vas encore finir par être en retard, lance-t-elle passant la tête par l'encadrement de la porte.
- Ouais ouais... grognai-je en dirigeant mes pas vers la penderie.

_____Dix minutes plus tard, me voilà prêt. Je descends les escaliers bruyamment, mon sac de cours sur le dos. Arrivé dans la cuisine, je le laisse tomber près du frigo.

- Tu pourrais faire attention à tes affaires mon chéri! s'empresse de dire ma mère.
- Oh mais c'est rien... C'est simplement ma calculatrice dans la poche avant qui a amortit le choc, d'où le bruit.
- Justement, je ne compte pas te racheter de calculatrice, prends en soin.

_____J'ignore sa remarque, m'asseyant sur la plan de travail à côté de l'évier. Mes yeux font le tour de la pièce, et finissent par s'arrêter sur des croissants délicatement posés dans une assiette. Je soupire et descends pour attraper ce qui sera mon petit-déjeuner.

- Merci m'an d'avoir acheté des croissants, dis-je en me rasseyant sur le plan de travail tout en croquant à pleine dent dans l'un d'entre eux.

_____Elle se tourne vers moi, tenant entre ses mains une tasse de café fumant. Elle sourit avant d'en boire une gorgée. Des cernes, contrastant avec ses magnifiques yeux verts, traduisent son manque de sommeil. Je n'aime pas la voir comme ça, le teint terne, l'air fatigué qui exprime la monotonie de sa vie, plus particulièrement de ces derniers jours.

- Maman, tu devrais aller voir un médecin. Tu es pâle.
- Ne t'inquiète pas, j'ai juste un peu plus de travail que d'habitude en ce moment, renchérit-elle avant de boire une nouvelle gorgée de café.

_____Je n'insiste pas et continue de manger tout en fredonnant une chanson.

- Tu as tout intérêt d'activer la cadence si tu ne veux pas rater ton bus mon chéri, dit ma mère en s'approchant de moi pour déposer sa tasse vide dans l'évier. Je voulais te prévenir que ce soir je rentrerai tard, ton dîner est dans le frigo, tu n'auras qu'à le faire réchauffer. Tu crois que tu en seras capable?
- Maman c'est pas la première fois que je reste seul à la maison!

_____Elle se tourne vers moi et caresse tendrement ma joue.

- C'est la troisième fois en une semaine, je sais, pourtant, j'aimerais vraiment être avec toi, crois moi! C'est juste que mon patron m'a demandé de finir un travail avant vendredi. Je fais simplement en sorte que tu ne manques de rien.

_____Ses yeux brillent, une larme perle lentement sur sa joue pour s'échouer à la commissure des ses lèvres. Mon coeur se serre, une horrible sensation s'empare de moi. Elle n'a pas toujours eu une vie facile, s'est continuellement battue pour moi, et n'a jamais baissé les bras. Peut-être n'aurais-je pas dû faire cette remarque, et simplement acquiescer ses paroles. Je m'en veux.
_____Je lui adresse un magnifique sourire, espérant lui redonner du baume au coeur.
Elle essuie ses larmes et me prends dans ses bras en murmurant un « Je t'aime ». Je dépose un baiser sur sa joue avant de descendre du plan de travail sur lequel je suis assis.

- Je dois y aller m'an. Si j'ai un problème je t'appelle. Promis, certifiai-je pour la rassurer.

_____Son sourire me rend heureux, il est vrai, sincère. J'aime la voir comme ça, livrée à elle même, face à ce qui fait d'elle un être exceptionnel - en l'occurrence, moi -.
Je prends mon sac et me dirige dans le hall de la maison pour enfiler mes Nike blanches. J'attrape ensuite mon gilet. Dehors, la rue est plongée dans un profond silence; seuls les faibles rafales de vents faisant danser les feuilles mortes, perturbent ce calme troublant. Debout, sur le pas de la porte, j'hésite un instant avant de m'engager dans l'allée qui mène au portail.
Chaque matin est identique: après un bref coup d'oeil en direction de la lune, je soupire et finis par marcher - à contre coeur - vers l'arrêt de bus. Ce n'est pas que je n'aime pas aller en cours. Non. Seulement avec le temps, lorsque l'on a acquis suffisamment d'autonomie, on ne possède qu'une seule envie. S'échapper.
_____Cela peut sembler puéril, commun à chaque gosse en quête d'identité, la tête remplie de rêves. Des rêves qui généralement, se transforment en cauchemars n'épargnant aucun d'entre eux. Suis-je comme eux? Il semblerait que ce soit le cas. Alors je fonce droit dans le mur. Courant ainsi à ma perte. Mais peu importe, avant que mon heure ai sonnée, je veux vivre.
_____La tête enfouit sous ma capuche, les mains dans les poches, j'avance. Des ombres se dessinent enfin au bout de la rue. Comme chaque matin, je ne me mélangerai pas à eux. Nous sommes bien trop différents pour oser simplement un échange. Et puis de toute façon, ils ne m'intéressent pas.

_____Une fois arrivé, je m'appuie contre la fine paroi de l'abribus et attends. A côté, les garçons rient. Ce sont le genre à débiter une connerie par seconde, incapables de faire une phrase correcte et qui plus est, se croient intéressants. Vraiment, ils sont tout ce que je ne suis pas.
Le bus arrive. Enfin. Je monte et m'installe à côté d'une fenêtre. J'aime regarder le paysage qui défile, malgré le fait que chaque détails de ces campagnes ne me sont désormais plus inconnus.

_____Lorsque le bus s'arrête, 20 minutes plus tard, je descends rapidement et me dirige immédiatement vers le banc situé entre deux platanes dans la cour. Tous les matins, c'est ici que je retrouve mes amis.

- Salut mec! me lance une voix familière.

_____Je baisse les yeux en souriant, et me retourne. Lorsque nos regards se croisent, je donne un petit coup de poing sur l'épaule de mon ami en guise de salutation. Finalement, il y a des plaisirs simples que n'importe qui peut apprécier.

- Bonjour les garçons! nous lance Holy

_____Ses yeux pétillent de bonheur et son mince sourire me fait frémir. Ses longs cheveux blonds dansent au gré du vent. Je souris bêtement.

- Bon week end? demandai-je en m'asseyant sur le banc.

- Ouais, normal, répond Georg en se laissant tomber à mes côtés.

_____Quant à Holy, elle ne répond et se contente de baisser les yeux. Mon regard reste fixé sur ses doigts. Elle tripote ses mains d'une étrange façon. Cela ne lui arrive que lorsqu'elle a quelque chose à se reprocher. Je me souviens, elle m'avait confié toutes ses petites habitudes un soir d'été alors que nous contemplions les étoiles, allongés sur la pelouse de mon jardin.

- Holy raconte nous... dis-je en lui attrapant le bras afin qu'elle s'assoit entre nous.

- Je... J'ai... Samedi... Il est venu me voir. Je l'ai renvoyé d'où il venait... dit-elle en ravalant ses sanglots.

- Mais de qui tu parles? demande mon ami, essayant de capter son regard.

- De mon père, finit-elle par dire en cachant son visage entre ses mains afin de dissimuler les perles salées qui coulent le long de ses joues pâles.

_____Georg et moi avons le même réflexe. Avant même qu'elle n'ai le temps de réagir, nous nous rapprochons d'elle et la serrons dans nos bras. La tête nichée dans son cou, je suis enivré par son parfum au jasmin. Toujours le même, qui, à chaque fois que mes narines détectent, créé en moi une étrange sensation. Et je dois bien avouer que je trouve cela très agréable.
Nous restons ainsi un petit instant. Il suffit d'un geste pour qu'elle comprenne que nous sommes là pour elle, et que jamais nous ne la laisserons tomber. La sonnerie retentit, mettant fin à cet émouvant instant. Nous avions besoin de montrer à Holy que nous la soutenons, quoi qu'elle fasse. Et il est vrai qu'elle va avoir besoin de nous durant les prochaines semaines... Son père semble avoir réapparut alors qu'il l'a abandonnée à sa naissance. Elle et moi avons donc un point commun. Seulement s'il refaisait surface dans ma vie, je ne le repousserai pas. Enfin je crois. Lorsque j'étais plus jeune, je me disais toujours qu'il reviendrait, qu'il regrettait son acte. J'imaginais son visage, et l'idéalisais du mieux que je pouvais. Aujourd'hui une infime partie de moi espère encore. Après tout c'est bien vrai: je ne suis qu'un gamin _______________illusionné.

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# Postato martedì 04 novembre 2008 08:56

Modificato giovedì 23 luglio 2009 08:30

*__ Chapitre II __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*

*__   Chapitre II   __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*


_____Georg se lève, Holy essuie les larmes qui perlent sur ses joues et moi, je me contente de soupirer. Je me lève à mon tour, attrape mon sac qui était posé sur le banc, le met sur mon épaule et finis par tendre la main à mon amie. Celle ci l'attrape avec peu d'entrain. Je la serre, comme si j'avais peur qu'elle ne s'envole telle une feuille au vent.

- Bon je vous laisse. On se retrouve ici à midi, lance Georg, sans détacher son regard de celui d'Holy.
- Hum, dis-je pour acquieser.

_____A peine me suis je tourné vers lui que déjà je peux apercevoir sa grande silhouette se confondre dans la foule d'élève qui se précipte vers les salles de cours. Holy n'a pas laché ma main. Je fais comme si je ne l'avais remarqué, comme si c'était un geste totalement anodin. Elle prend son sac, jaune fluo, et le met sur son épaule. Holy est une jeune fille que je qualifierais de "différente". Elle ne fait rien comme tout le monde, elle ne s'habille pas avec le dernier jean à la mode et ne cherche pas à ressembler à toutes ces filles, identiques. Non, elle reste naturelle. Ses yeux verts sont parfois ornés d'un fin trait de crayon noir, qui les met parfaitement en valeur et son teint est tout ce qu'il y a de plus doux. Il arrive qu'elle soit pâle, comme aujourd'hui, mais cela n'enlève rien à son charme. Oui, Holy est charmante. Qu'on la regarde avec les yeux, ou avec le coeur, dans les deux cas on s'aperçoit qu'elle dégage quelque chose d'inhabituel. A première vue elle semble timide et peu sociable. Mais ce n'est qu'une trompeuse apparence. Elle aime le contact avec les autres, et ne se lasse jamais d'aller à la rencontre de nouvelles personnes. Je me souviens, il y a deux ans, quand nous sommes rentrés au lycée, nous étions terrifiés à l'idée d'être dans une classe où nous ne connaissions personne. Pourtant, dès le premier jour elle avait sympatisé avec une majeure partie de la classe! Moi, je n'osais pas, et c'est grace à elle que j'ai pu me faire de nouveaux "amis".

- Dis, tu crois que j'aurais dû le laisser revenir? me dit-elle hésitante.
- Je ne sais pas. J'ai un peu de mal à me faire à l'idée qu'il est revenu, répondis-je en avançant vers la salle de classe.

_____Elle ne dit rien et avance à mes côtés. Après tout, qu'a-t-elle à répondre? Rien. Je suis persuadé qu'elle même n'en reviens toujours pas. Main dans la main, nous marchons d'un pas ferme, mais trompeur. Ni elle, ni moi n'avons envie de passer la matinée assis sur une chaise, à écouter les inlassables discours des profs. A la veille des examens blancs, nous connaissons leurs paroles sur le bout des doigts, et leur rengaine favorite, similaire pour chacun des professeurs est: Travail,Travail et Travail.

_____Arrivés devant la salle, Holy s'arrête. Nos regards se croisent et ne se lachent plus. Pendant un quart de seconde, une étrange sensation sempare de moi. Holy lache ma main et baisse la tête. Je pense qu'elle est aussi génée que moi. Nous entrons sans dire un mot dans la salle qui se remplit peu à peu d'élèves et nous asseyons au fond, près des fenêtres. Etant donné que nous sommes au mois de février - et pour quelques jours encore - la fraicheur qui sévit dans notre beau pays d'Allemagne est plutôt rude. En ce qui concerne le climat, nous ne sommes pas gâtés! C'est pourquoi Holy et moi nous mettons toujours a côté des radiatteurs dans la classe. Oui, ils sont plaçés sous les fenêtres. Aller savoir pourquoi... Avec la mauvaise isolation un quart de la chaleur finit dehors, gaspillant ainsi cette précieuse énergie.

- Allez! On se dépèche! Une belle liste d'exercice nous attend, et nous devons les avoir terminés dans deux heures! s'exclame le professeur de mathématiques.

_____En bons élèves studieux que nous sommes, Holy et moi nous mettons à travailler sans perdre une minute. Lorsqu'on réfléchit le temps passe à vive allure. Les deux heures sont à présent terminées. Calmement nous allons en cours d'anglais. Puis l'heure suivante en sciences physiques. C'est toujours pareil. Nous assistons aux cours sans broncher, contrairement à certains qui prennent un malin plaisir à perturber les heures de classe. Leur attitude m'insupporte parfois. Oui seulement parfois. Le reste du temps j'essaie de me convaincre que je suis un ado normal et que je suis censé trouver leurs actes cools. Alors il m'arrive de rigoler à leurs conneries et provocations. Même si je me force pour ne pas l'admettre, dans ces cas là, je suis véritablement pitoyable. Enfin...

- Eh oh! Tom, dépèche toi. Si Georg est en avance, on aura peut être une chance de passer plus tôt au self, me lance Holy debout à mes cotés.
- Hein? Ah oui, me dépécher... Je range mes affaires.

_____Je jette un bref coup d'oeil sur ma montre. Il est 11h47. Effectivement, avec un peu de chance on mangera plus tôt. Je me lève donc, et range mes affaires en hâte. Holy debout à mes côtés semble avoir laissé ses pensées divaguer. Et lorsque je me lève, prêt à quitter la salle, elle reste figée à côté de ma table. Il me faut lui attraper la main et la secouer légèrement pour qu'elle réagisse et se décide enfin à bouger. Sans rien dire, nous descendons dans la cours, près du banc. De notre banc. Georg y est assit avec une fille de sa classe. Phédora il me semble. En nous voyant arriver, il se lève immédiatement. La fille s'en va, souriante, après nous avoir adressé un bref signe de la main.

- N'est-elle pas charmante mon petit Tom? me dit mon ami en me donnant un coup de coude.
- Ce n'est pas mon genre, mais si elle te plait, tant mieux, répliquai-je en lui adressant un clin d'oeil.

_____Holy rigole. Georg et moi nous adressons un regard complice après quoi nous éclatons de rire. Il nous faut un peu de temps avant de nous calmer et nous diriger vers le self du lycée. Il n'y a pas grand monde. D'ici quelques minutes, le long couloir va se remplir d'élèves affamés, le calme sera brisé par les rires et discutions de chacun d'entre eux. Nous nous dépéchons de passer, et nous asseyons à une table située dans le fond de la large pièce. Après le déjeuner, nous regagnons notre banc. Nous parlons, sans jamais aborder Le Sujet. Pourtant, je meurs d'envie d'interroger Holy sur ce qui s'est passé. Je voudrais savoir ce qu'elle ressentit lorsqu'elle l'a vu, quel sentiment s'est emprit d'elle? La haine? L'amour? Le remord? La peur? Pourquoi l'a-t-elle repoussé? Ne veut elle pas connaitre la vérité?

- Tom, il y a un problème? dit-elle en posant sa main sur mon épaule.

_____Les yeux fixés sur le sol, je ne me suis pas rendu compte que mes poings étaient serrés et que mon pied tapait nerveusement le sol.

- Non aucun, certifiai-je froidement sans prendre la peine de la regader.

_____Je l'ai vexé. Elle retire sa main, et continue de parler avec Georg. Merde. J'ai encore tout gaché et des excuses s'imposent.
Lorsque je me retrourne vers mes deux amis, je constate qu'Holy a trouvé refuge dans les bras de Georg où elle pleure à chaudes larmes. Pour la seconde fois de la journée, mon coeur se serre, et je suis envahi de remords. Je les regarde un instant, totalement désemparé.

- Excuse moi Holy, dis-je en baissant la tête, honteux.

_____Elle redresse délicatement la tête, pousse une mèche de ses magnifiques cheveux blonds et me fait signe de me joindre à ce calin collectif. Je ne me fais pas prier. Ainsi deux secondes plus tard, le rire cristalin de mon amie résonne dans ma tête et Georg sourit en repoussant ma casquette qui semble le gêner. Voilà à quoi ressemble une bande pote. Ma bande. Les seuls qui comptent réellement à mes yeux, et pour qui je fairais n'importe quoi.

- Si tu y tiens vraiment, je t'expliquerai, finit elle par murmurer au creux de mon oreille.

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# Postato sabato 29 novembre 2008 11:22

Modificato giovedì 23 luglio 2009 08:30

*__ Chapitre III __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*

*__   Chapitre III   __¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯*


_____A la fin de la journée, épuisé et pressé d'être à la maison, je marche lentement vers la sortie, en compagnie d'Holy. Elle n'a rien dit depuis que la sonnerie a retentit, annonçant le soulagement pour chacun des élèves du lycée. Elle avance les mains dans les poches, affichant un air décontracté. Je n'ose pas lui demander... Pourtant cette question me brûle les lèvres! Je me retiens depuis trop longtemps, et ma patience à des limites.

- Vas y. Demande moi ce que tu veux, finit-elle par lâcher lorsque nous franchissons le grand portail.

_____Surpris, j'avance à travers la foule d'élève me faufilant entre tous les petits groupes. Comment dois-je aborder le sujet? C'est délicat. La moindre parole déplaçée lui vaudrait des larmes.
Lorsque je me retourne, enfin à l'écart de toutes ces personnes, je peux voir Holy, les bras croisés. Elle regarde ses pieds en fredonnant une chanson de Sido.

- Tom, je n'ai pas toute l'heure devant moi, ma mère va arriver et tu vas rater ton bus.
- Oui, excuse moi, repris-je immédiatement en m'approchant un peu.
- Alors?
- Et bien, comment ça s'est passé? Qu'a-t-il dit?

_____Elle soupire, relève la tête et hésite un court instant avant de commencer.

- C'était samedi, en fin de soirée. Ma mère était sortie, j'étais donc seule à la maison. Je regardais la télé et quelqu'un a sonné. Quand j'ai ouvert, il était là, devant moi, souriant comme un crétin. Je lui ai demandé ce qu'il voulait, qui il était. Il ne répondait pas. Ses yeux verts me fixaient, et il affichait toujours ce sourire niais. Je lui ai reposé la question, mais il ne parlait pas. J'ai voulu fermer la porte, il était bizarre et me terrifiait, mais il m'en a empêché, me tenant fermement le bras. J'ai commençé à paniquer, mes membres tremblaient. J'étais horrifiée si tu veux tout savoir.
- Oh. Je suis désolé. Je ne pensais pas que...
- Le téléphone a sonné, me coupe-t-elle, j'ai sursauté et il m'a laché. J'ai refermé la porte violemment puis j'ai couru pour décrocher, en espérant que soit pas mère qui appelle. Ce n'était pas elle et je n'ai pas tardé à raccrocher. J'étais tout de même soulagée de lui avoir échappé de cette manière. Malheursement pour moi, je n'avais pas fermé la porte à clé. Il était là. Debout en face de moi, les mains enfouies dans les poches de sa veste en cuir. Il est le genre de mec dépravé et instable que ma mère me décrivait quand j'étais plus jeune.
- Alors tu ne...
- J'ai pas terminé Tom, renchérit-elle immédiatement. Je ne savais plus quoi faire, je lui ai demandé de partir, mais il ne bougeait pas. Puis il a prononcé ces trois mots. Trois petits mots qui résonnent encore dans ma tête. "Tu es Belle". A cet instant là, je me suis vue morte, étranglée ou poignardée après avoir été violée. J'ai fermé les yeux, croyant à un mauvais rêve, pensant me réveiller dans mon lit, et que rien de tout ça ne se soit passé. Or quand j'ai ouvert les yeux, il s'était approché et seuls quelques mètres nous séparaient. Il voyait que j'étais terrifiée, mais il n'a rien fait pour me rassurer! J'ai soufflé un bon coup, pris le coupe-papier qui se trouvait sur la table basse à côté de moi et l'ai menacé. Là il a réagit. Certes il semblait surpris et déçu, mais il n'a pas tardé à foutre le camp, prennant soin de laisser une grosse enveloppe devant la porte de la maison.

_____J'écoute son récit avec beaucoup d'attention. A présent cette enveloppe m'intrigue, c'est surement dans une lettre qu'il lui a appris qu'il était son père. C'est lache de n'avoir pas oser le lui dire directement.

- Et qu'est ce qu'il y av...
- Des photos, une lettre et une mèche de cheveux, me coupe-t-elle à nouveau essayant de ne pas succomber au chagrin.

_____Je ne dis rien de plus, ne pose plus de questions. Elle est si fragile... Je comprends ce qu'elle ressent, cette peine qui la ronge. Mais regrette-elle? Visiblement, oui.
J'avance et la prends dans mes bras. Elle se retient de fondre en larmes, elle sait que sa mère peut arriver d'une minute à l'autre et je présume qu'elle ne veut pas être vu dans cet état là. Et puis, je sais très bien qu'elle n'a pas eu la chance qui m'a été donnée. J'ai grandi sagement, et la relation que j'ai établi avec ma mère est celle dont tout être, normalement constitué, rêve de pouvoir entretenir avec sa génitrice. Oui, ma mère et moi sommes très complices. Je lui dis tout - enfin presque -. Holy et sa mère n'ont malheuresement pas cette complicité et je sais que mon amie en souffre. Parfois, quand elle vient à la maison, ses yeux pétilles en nous voyant rire, ma mère et moi. Au début, quand je ne la connaissais que très peu, je ne comprennais pas sa réaction. Je n'arrivais pas penser que cette relation avec ma mère pouvait l'émouvoir. Non, c'était à mes yeux totalement insensé.
_____Alors que je la réconforte, une voiture s'arrête un peu plus loin sur la chaussée et klaxonne. Elle se détache immédiatement de mon étreinte, sourit, et part en courant, se retournant seulement avant de monter dans la voiture pour m'adresser un petit signe de la main. Soupirant, je me dirige vers mon arrêt de bus et attends tranquillement ce dernier qui ne tarde pas. Vingt-cinq minutes plus tard, je marche en direction de chez moi. Le soleil s'est déjà couché, la lune est à présent bien visible au dessus du toit de la maison. J'accélère le pas. Lorsque je me retrouve devant la porte, je me souviens alors que ce soir, maman n'est pas là. Mon enthousiasme s'envole aussitôt.

- Bonsoir petite demeure, dis-je à haute voix en ouvrant la porte.

_____La maison est plongée dans l'obscurité. J'appuie sur l'interrupteur, toutes les lumières du salon s'allument faisant renaitre la pièce. Un petit sourire vient alors s'afficher sur mes lèvres lorsque mes yeux se posent sur un mot que maman a pris soin d'accrocher sur l'écran de télé. "Ne veille pas trop tard. Je t'aime". Je détache le mot, le regarde un instant et me dirige vers la cuisine pour le poser sur la table. Mon estomac crit famine. J'ouvre le frigo et prends un yaourt. La maison est si calme, je me sens si seul... Je monte, le yaourt à la main. Lorsque je pousse la porte de ma chambre, mon lit est fait et les vêtements qui traînaient un peu partout sont, à présent, délicatement pliés et posés sur ma chaise. Je souris puis me jette sur mon lit. Je termine mon yaourt en un clin de d'oeil et en me retournant pour posé ce dernier, vide, attrape mon nounours. Mon petit ours en peluche. Mon meilleur ami. Mon confident. Mon petit Choupi. Je sais, avoir une peluche à l'âge de 17 ans c'est ridicule, pourtant, je ne le cache pas et je me fous de ce que pense les autres. Ce jouet rembouré de mousse, tout doux et abimé par les caresses, représente à mes yeux, bien plus qu'un vulgaire doudou. Il connait toute ma vie, dans les moindres détails, il m'a vu grandir. Je lui raconte mes peines, mes joies, mes craintes et mes désirs. Il encaisse les pires révélations, garde mes secrets et m'apporte du réconfort. C'est peut être étrange, stupide mais je tiens à lui.
_____Assis en tailleurs sur mon lit, je tiens Choupi entre mes mains. Ses petits yeux noirs me fixent et un sourire effleure mes lèvres. Mon regard se tourne alors vers la fenêtre, par laquelle je peux voir quelques branches danser au gré du vent dans la nuit sombre.

- Dis Choupi, dis je en caressant sa tête, quand est ce que tout ça va s'arrêter? Quand est ce que je redeviendrai normal?


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# Postato sabato 29 novembre 2008 11:22

Modificato domenica 26 luglio 2009 08:22